Le dictionnaire 

Comprendre la langue pour comprendre le monde

Le dictionnaire, qu’il soit imprimé ou numérique, est une porte d’entrée vers l’information, ordonnée sous forme de liste. Cette liste comprend soit des noms communs, soit des noms propres, soit un mélange des deux.

À chaque mot en entrée correspondent des sens (dictionnaires monolingues), ou des traductions (dictionnaires bilingues). Le dictionnaire de langue s’attache plus à la forme du mot, graphique, phonétique, historique, et aux marqueurs d’usage (registres ou niveaux de langue).

Petite encyclopédie alphabétique, le dictionnaire encyclopédique comprend des noms propres et des noms communs, ainsi que des éclairages historiques, culturels, scientifiques sur des sujets-clés.

Pour les mots que vous ne comprenez pas, consultez ce dictionnaire !

Quels mots dans le dictionnaire ?

Le dictionnaire observe son temps et fait rentrer les néologismes, à mesure que leur usage se répand, qu’ils sont partagés par un plus grand nombre de locuteurs.

Les noms propres aussi intègrent l’apport constant d’un monde qui bouge : personnes, œuvres et périodes célèbres, nouveaux pays, nouvelles organisations internationales...

Dans quel ordre ?

Le dictionnaire général donne le plus souvent ses entrées dans l’ordre alphabétique, un ordre ainsi prévisible par tous. Retrouver un mot dans le fourmillement du dictionnaire implique donc une bonne connaissance de l’orthographe, ou des graphies possibles d’un mot.

Le dictionnaire range ensuite par homographes (avec des numéros devant les mots qui s’écrivent de la même façon) ou par catégories grammaticales (le nom avant l’adjectif, lui-même avant l’adverbe, par exemple).

Le dictionnaire aime les exemples et les renvois

Il donne le mot dans un contexte plausible :

se reproduire (se produire de nouveau)

Cet incident ne se reproduira plus.

... ou avéré (par une citation). Ou encore, il montre, par une illustration graphique ou textuelle, la réalité qu’il désigne :

anacoluthe

ex. Rentré chez lui, sa femme était malade.

Le dictionnaire lie les entrées entre elles, par le jeu des renvois : synonymes, antonymes, homophones, paronymes (précepteur [professeur] et percepteur [agent des impôts]). Un astérisque sur le papier, un lien cliquable dans une version électronique signalent une entrée pertinente.

Un outil objectif ?

Le dictionnaire est le reflet des préoccupations et des mentalités de son époque. Prenons l’exemple d’un même nom commun, femme nf, à un siècle d’intervalle :

dans le Petit Larousse 1905

Compagne de l’homme ; épouse.
Celle qui est ou a été mariée. [...]

dans le Petit Larousse 2005

Être humain du sexe féminin.
Adulte du sexe féminin.
Épouse. [...]


Côté noms propres, remarquons que le Petit Larousse 1905 n’a pas mis à sa nomenclature Arthur Rimbaud, qui à l’époque a déjà bouleversé Paul Claudel mais n’a pas encore inspiré les surréalistes. Relevons également l’absence, dans le même dictionnaire, du capitaine Alfred Dreyfus dont l’affaire vient de déchirer l’opinion publique en France, et auquel le Larousse du Collège consacre aujourd’hui un article de quinze lignes.