Son écriture a profondément bouleversé la littérature française du XXe s., en particulier avec la parution de son roman Voyage au bout de la nuit en 1932. Engagé dans l'armée, blessé, décoré et réformé au cours de la Première Guerre mondiale, il devient médecin, d'abord itinérant pour le compte de la SDN, ce qui lui donne l'occasion de voyager en Europe, en Amérique et en Afrique, et exerce ensuite en France dans des banlieues populaires. Antisémite déclaré (Bagatelles pour un massacre, 1937) et collaborateur du régime de Vichy, il connaît l'exil et la prison au Danemark (1945-1951) avant de retrouver la France, où il partage les dix dernières années de sa vie entre son œuvre littéraire et son cabinet médical. Le style disloqué des romans de Céline, imitant le rythme du langage parlé, plein de mots crus et d'invention verbale, participe à une dénonciation des mensonges sociaux et à une évocation grotesque, triviale et macabre de l'absurdité de la vie humaine (Mort à crédit, 1936 ; Guignol's Band, 1943 ; Nord, 1960).
Voyage au bout de la nuit (1932) : ce roman, véritable épopée, nous entraîne dans le sillage d'un antihéros, Bardamu, dont nous suivons les errances et les enlisements. Il fait l'expérience de la guerre, de la vie coloniale, du travail à la chaîne chez Ford, et devient médecin sans le sou dans la banlieue parisienne : dans le gris et dans l'atroce, la tonalité profonde du monde moderne.