nom féminin
(lat. civitas)
De façon générale, on entend par « cité » un État constitué par une ville et son territoire, de taille modeste, où les hommes s'organisent en un ensemble politique et économique cohérent. Apparue dès le IIIe millénaire av. J.-C. au pays de Sumer, la cité a été une organisation fondamentale de l'Antiquité, dont l'exemple par excellence est la cité grecque (en gr. polis).
La cité grecque.
Pour les historiens actuels, la cité apparaît à partir du XIIe ou du XIe s. av. J.-C. Elle est un État indépendant formé par la réunion de bourgs et de villages ruraux, ayant pour centre une agglomération, siège des institutions et du culte, centre commercial et point fortifié, lieu de refuge en cas de danger. Progressivement, son territoire s'étend jusqu'à des frontières communes avec celui des cités voisines. Dans ce cadre territorial, l'ensemble des citoyens forme la cité proprement dite. D'abord gouvernées par des rois, les cités grecques connaissent leur essor sous un régime oligarchique puis sous un régime démocratique, où le pouvoir appartient à un plus grand nombre de citoyens.
Cependant, seule une minorité des habitants du territoire participe aux institutions ; les esclaves, les femmes et les métèques n'accèdent jamais à la dignité politique et ne sont pas associés à la vie publique. Cadre achevé de la vie des anciens Grecs, les cités ont permis l'épanouissement d'une brillante civilisation entre le VIIe et le IVe s. av. J.-C. Mais le morcellement politique que maintenait cette institution, les luttes incessantes entre les cités ont obligé la cité à s'effacer devant des organisations politiques mieux adaptées.
Le droit de cité romain.
Rome fut longtemps une cité aux institutions analogues à celles de la cité grecque. Dès le IVe s. av. J.-C., après la conquête du Latium, elle doit adapter ses institutions à la gestion de territoires toujours plus vastes. L'édit de Caracalla (212 apr. J.-C.) accorde le droit de cité romain à tous les hommes libres de l'Empire, tout en sauvegardant les droits de la cité d'origine de chacun. Le monde romain est désormais peuplé de citoyens tous égaux et tous également sujets de l'empereur. Possédé par les citoyens romains, c'est-à-dire par ceux qui, à l'origine, résident dans Rome ou dans le territoire romain, ou encore dans une colonie romaine, ce droit se transmet héréditairement. Il comporte la possession intégrale des droits civils et des droits politiques. Il peut se transmettre également par la naturalisation et, pour les esclaves, par l'affranchissement.